La vallée de Shara
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La vallée de Shara est située à 60 km à l'Est de Leh, la capitale du Ladakh.
Cette vallée est accessible par la route et un service quotidien d'autobus permet le désenclavement de cette région. Le Sharala, col difficilement accessible situé à 5500m, ferme la vallée au Nord-Est.
Les 3 principaux villages de la vallée, Sharnos, Shara et Puktsey, ainsi que de nombreux petits hameaux environnants regroupent environ 2000 habitants.
Depuis toujours, vie domestique et travaux des champs rythment le quotidien de ces grandes familles très pauvres mais dont le style de vie solidaire permet de maintenir un lien social et générationnel très fort.
L'administration des villages de la vallée est assurée par le "sapranch" et son conseil constitué de 5 personnes élues pour 5 ans.
3 amchis ( médecin de médecine tibétaine)  et 5 vétérinaires bénévoles sont au service de la population. 

      La vallée de Shara
Les 3 écoles emploient des instituteurs issus de la vallée et de ses environs mais beaucoup de Sharapas s'engagent dans l'armée ou dans la police.
Cependant, La grande majorité de la population locale vit de l'agriculture et d'un peu d'élevage.
Tous les travaux agraires se font manuellement ou à l’aide d’outils rudimentaires.
Les animaux familiaux, attelés à un araire, sont utilisés pour labourer la terre.
Les semailles se font sur les sillons à la main.
École de Sharnos
La coupe des épis d’orge se fait à l’aide d’une petite faucille et toute la famille y participe, y compris les enfants au retour de l’école.
Ce travail très éprouvant physiquement commence dès l’arrivée du jour jusqu’au coucher du soleil.
Après un temps de séchage en meule, ces céréales seront  vannées à l’aide de fourches de bois, sassées dans une plaque de métal percée, débarrassées des restes de balle, collectées, lavées, séchées, grillées et broyées par des meules de pierre entraînées par de petits moulins à eau.
C’est un moment de l’année très important car il faut stocker la précieuse récolte d’orge qui servira à l’alimentation de base de la famille jusqu’à la prochaine saison.

La moisson
L’orge est consommée grillée et réduite en farine (tsampa) sous forme chapati (galette sans levure) ou amalgamée en boule dans le thé au beurre salé, ce qui en fait une nourriture très énergétique. Chaque foyer  possède un jardin potager et y cultive pommes de terre, petits pois, radis, navets, carottes, oignons, choux, etc..., compléments vitaminiques indispensables à une alimentation équilibrée mais qui, pourtant, fait cruellement défaut durant la grande période hivernale.
Avec le lait que donnent les petites vaches ou les dzomos (hybride de yak et de vache), les  femmes fabriquent le yaourt quotidien (chô), le beurre (mar) et le fromage (chospé).
La boisson consommée par tous, à tout instant de la journée, en toutes occasion, reste le thé au beurre salé mais, lors d’occasions particulières comme les mariages, on boit du tchang (bière d‘orge légère) fabriqué à la maison.

Foulage de l'orge par les yaks
La journée d’un petit ladakhi est partagée entre les travaux à la maison et aux champs et l’école.
D’abord, il faut se lever de bonne heure, en même temps que le soleil, prendre son petit déjeuner (thé au beurre et chapatis), faire sa toilette dans le petit ruisseau et conduire les animaux à la pâture.
150 enfants, entre 5 et 14 ans fréquentent les écoles de la vallée :
- les enfants de Sharnos entre 5 et 12 ans disposent d’une école primaire animée par 3 enseignants, comme dans le village de Phuktshey.
- ensuite, les écoliers entre 12 et 15 ans iront à l’école secondaire de Shara, qui est le plus central et le plus important des 3 villages.

Les cours commencent à 10 h jusqu’à 16 h avec une coupure d’1 h pour le repas de midi. Quelquefois, si la maison est trop éloignée de l’école, les enfants apportent un casse croûte, c’est à dire, un chapati ou de la tsampa amalgamée avec du thé au beurre (bpabpa).
l’absentéïsme est fréquent, de la part des enfants qui, généralement, aident leurs parents aux travaux domestiques.
Pendant les moissons notamment, sitôt sortis de l’école, les enfants vont aider leurs parents aux champs et transportent de grandes et lourdes brassées d’orge sur leur dos
Quand le soleil décline, il faut encore réunir le troupeau éparpillé de chèvres, ramener les petites vaches du champs et rentrer toutes les bêtes dans l’enclos, où la maman (ou la grande sœur) pourra les traire.
A la maison, les familles ne disposent pas d’eau courante pour les besoins quotidiens. Petits et grands participent à la corvée du transport de l’eau depuis le ruisseau jusqu’à la maison.
Filles et garçons ont, en permanence, la charge de leur petit frère ou sœur qu’ils emmènent partout avec eux sur leur dos, y compris à l’école.
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